Jeanneau Merry Fisher 925 à la vente

L'avis Yachting Address — Jeanneau Merry Fisher 925

Le Jeanneau Merry Fisher 925 est l'un de ces bateaux que l'on ne recommande jamais à la légère — parce qu'il est vieux, parce qu'il a navigué intensément, et parce que ses propriétaires qui l'ont bien entretenu en sont souvent les meilleurs ambassadeurs. C'est le signe d'un bateau réussi qui a traversé le temps.

Produit de 1999 à environ 2012, le Merry Fisher 925 a été l'un des croiseurs côtiers diesel les plus vendus de son époque en France. À presque 10 mètres, avec deux cabines, un carré central, une timonerie fermée panoramique et une motorisation diesel inboard économique — souvent le Volvo Penta D3 ou D4 en simple ou double — il incarnait tout ce qu'un plaisancier de croisière côtière pouvait vouloir à l'époque pour un budget maîtrisé. Vingt ans plus tard, les exemplaires bien conservés tiennent encore leur valeur entre 49 000 et 68 000 euros — preuve que l'essai avait été transformé.

Les deux architectures : standard et Fly

Le Merry Fisher 925 existe en deux versions architecturales que le marché distingue clairement.

La version standard est le bateau avec timonerie fermée sans flybridge — plus basse, plus sportive visuellement, avec un cockpit arrière direct et accessible. C'est la version la plus répandue et la plus accessible en prix. L'exemplaire de Saint-Raphaël à 49 000 euros (2006, Volvo D4-260) illustre bien ce segment : moteur diesel performant, commande électrique, ligne d'arbre — un bateau simple et efficace.

La version Fly ajoute un flybridge complet au-dessus de la timonerie — barre de secours, salon, table, espace de vie supplémentaire. C'est la version la plus recherchée sur le marché de l'occasion, comme en témoignent les annonces : trois des sept exemplaires de cette page sont des Fly, entre 55 000 et 67 500 euros. Le flybridge du 925 est généreux pour sa taille et transforme les nuits au mouillage — les propriétaires qui ont navigué sur les deux versions reviennent systématiquement vers le Fly pour les sorties longues.

Les motorisations : trois configurations à connaître

C'est la partie la plus complexe du Merry Fisher 925, et la plus déterminante pour l'usage et l'entretien.

Le Volvo Penta D4-260 en simple moteur — présent sur l'exemplaire de Saint-Raphaël (2006). C'est le moteur de référence sur cette version : un seul diesel de 260 cv en ligne d'arbre, silencieux, économique (25-30 litres par heure à 18-20 nœuds), et simple à entretenir. Sa faiblesse est l'absence de redondance propulsive — une panne en mer vous immobilise complètement. Pour les plaisanciers méditerranéens qui naviguent à portée des côtes, c'est un compromis acceptable.

Le double Volvo Penta D3-160 ou D3-220 — présent sur plusieurs exemplaires de 2004-2007. Cette double motorisation diesel offre la redondance propulsive qui manque à la version simple moteur. Les deux D3 sont des moteurs fiables et bien documentés, mais 1 200 heures sur les deux moteurs (mentionnées dans une annonce) nécessite une inspection sérieuse des échangeurs et des joints. La consommation est légèrement supérieure à la version simple moteur D4, mais l'autonomie est comparable grâce au réservoir de 400 litres.

Le Nanni 320 cv — présent sur un exemplaire de 2008 en version Fly. C'est la motorisation la moins courante et la plus spécifique : Nanni est un chantier français qui propose des motorisations marines diesel à partir de blocs Iveco ou John Deere. Ses moteurs sont robustes mais le réseau de service est moins dense que Volvo Penta en France — ce qui peut compliquer les révisions hors des grandes marinas. Vérifiez la disponibilité d'un technicien Nanni dans votre port d'attache avant tout achat.

Ce que le Merry Fisher 925 apporte encore aujourd'hui

La timonerie fermée panoramique est son premier atout intemporel. Haute, lumineuse, avec de grandes surfaces vitrées, elle est remarquablement bien réalisée pour un bateau de son époque — et elle tient encore la comparaison avec beaucoup de modèles actuels. La visibilité à 270 degrés depuis le poste de pilotage, la protection contre les embruns et la pluie, et le confort d'hivernage qu'elle offre au skipper ont fait de ce bateau un choix durable pour les côtes atlantiques et bretonnes.

L'habitabilité est sa deuxième force. Deux vraies cabines fermées — la cabine avant avec lit double et la cabine arrière accessible depuis le carré — plus un carré central avec dinette et cuisine équipée, et une salle de bain avec WC marin : à presque 10 mètres, c'est une habitabilité de croisière qui n'a pas pris une ride. Les familles qui naviguent une semaine à bord ne sont pas à l'étroit.

Son comportement en mer, enfin, est remarquable pour sa génération. La carène du Merry Fisher 925 est profonde et stable — elle passe bien la mer formée et rassure des équipages qui ne cherchent pas l'adrénaline mais la sécurité. C'est un bateau de croisière au vrai sens du terme.

Ce qu'il faut anticiper à l'achat

Le Merry Fisher 925 a entre 17 et 26 ans selon les millésimes. Cela implique des vérifications systématiques qu'aucun acheteur ne devrait négliger.

L'état des moteurs est le premier contrôle — demandez les carnets d'entretien avec factures pour chaque moteur. Les 1 200 heures mentionnées sur un exemplaire de 2005 en double D3 sont à ce stade dans la zone où une révision majeure (échangeurs, joints, distribution) peut s'imposer imminemment. Un bilan moteur par un mécanicien Volvo avant signature est non-négociable.

La ligne d'arbre et les sorties d'arbre — sur toutes les versions inboard, vérifiez l'étanchéité des presse-étoupes et l'état des bagues Cutless lors d'une inspection à sec. Des presse-étoupes qui fuient lentement peuvent humidifier la cale sans que le propriétaire s'en aperçoive.

L'osmose sur des coques de cet âge est à vérifier systématiquement par humidimètre. Les Merry Fisher 925 ont des coques en polyester de bonne qualité pour l'époque, mais 20+ ans de vie à flot sans séchage hivernal régulier peuvent générer des cloques significatives.

L'électronique des exemplaires de 2004-2008 est intégralement obsolète — certains ont bénéficié de mises à niveau récentes (le GPS Simrad 2024 mentionné sur le Fly de 2008 est un exemple de mise à niveau sérieuse). Budget mise à niveau minimale : 2 500 à 5 000 euros selon les équipements souhaités.

Les tauds et biminis — présents sur les exemplaires bien équipés, ils vieillissent et laissent passer l'eau. Leur état est un indicateur indirect de la façon dont le bateau a été entretenu.

Les prix du marché Merry Fisher 925 en 2025-2026

VersionMillésimePrix indicatif
MF 925 standard (simple moteur D4-260)2004-200745 000 – 60 000 € TTC
MF 925 standard (double D3-160/220)2004-200755 000 – 68 000 € TTC
MF 925 Fly (double D3-160/220)2005-200855 000 – 70 000 € TTC
MF 925 Fly (Nanni 320 cv ou bien équipé)2007-201060 000 – 75 000 € TTC

Fourchettes indicatives, marché mai 2026. TVA incluse sauf mention contraire.

Notre verdict

Le Jeanneau Merry Fisher 925 est l'un des derniers représentants d'une génération de croiseurs côtiers diesel bien construits, bien pensés et économiques — une génération qui n'a pas d'équivalent direct dans le catalogue Jeanneau actuel. Pour un budget de 55 000 à 70 000 euros, il offre une habitabilité de croisière, une timonerie fermée et une motorisation diesel économique que les hors-bords modernes de même prix ne peuvent pas reproduire. La condition est rigoureuse et non-négociable : expertise marine avec inspection à sec, bilan moteur complet, et budget de remise à niveau électronique et sellerie provisionné dès l'achat. Pour les plaisanciers qui font ce travail correctement, c'est encore un très bon bateau.