Bavaria Yachts en vente -
Bavaria Yachts d'occasion : ce que vous devez savoir avant d'acheter
Bavaria Yachts est probablement le constructeur de voiliers qui divise le plus dans le monde nautique européen. Demandez à un professionnel de la plaisance ce qu'il pense d'un Bavaria, et vous obtiendrez deux réponses diamétralement opposées selon l'interlocuteur et la génération de bateau dont il parle. Cette contradiction n'est pas un paradoxe — c'est l'histoire d'un chantier qui a traversé des phases très différentes en cinquante ans d'existence, et qui a produit à la fois certains des meilleurs rapports qualité-prix de l'occasion voilier en Europe et quelques générations moins abouties dont il faut savoir se méfier. Comprendre ces phases, c'est l'essentiel de ce qu'il faut savoir avant d'acheter un Bavaria.
Trois ères, trois Bavaria différents
L'ère Herrmann (1978–2007) est l'âge d'or du chantier. Fondé à Giebelstadt en Bavière par Winfried Herrmann et Josef Meltl, Bavaria construit dès ses débuts des voiliers en grande série avec un positionnement clair : plus d'espace habitable, plus de confort à bord, et un prix significativement inférieur aux Bénéteau et Jeanneau équivalents. La carène large et stable, les volumes intérieurs généreux, le plan de pont accessible — ce sont les ADN Bavaria qui s'installent dès les années 1990 et qui font le succès commercial du chantier à travers l'Europe. Les Bavaria 36, 37, 38, 40 et 42 Cruiser des années 1998-2007 sont les porte-étendards de cette période. Ce sont des bateaux construits avec soin, sur des séries longues et maîtrisées, avec des matériaux de qualité correcte et une logique d'assemblage industrielle qui a fait ses preuves. Sur le marché de l'occasion aujourd'hui, ces unités bien entretenues représentent l'un des meilleurs rapports espace-croisière-prix du marché européen.
L'ère Bain Capital / difficultés (2007–2018) est la période qui a terni la réputation de Bavaria sur le long terme. L'acquisition par le fonds d'investissement américain Bain Capital en 2007 a imposé une logique de réduction des coûts qui s'est traduite, sur certaines séries de 2009 à 2015, par une qualité de construction moins régulière. Les finitions intérieures moins soignées, les équipements de pont plus économiques, et surtout la variabilité d'une unité à l'autre — deux Bavaria du même millésime pouvant présenter des états très différents — ont installé une méfiance chez les acheteurs informés que les bateaux de cette période n'ont pas toujours méritée mais dont ils ont systématiquement souffert à la revente. La faillite de 2018 a été le point culminant de cette période difficile.
L'ère post-faillite (depuis 2018) est celle que beaucoup d'observateurs suivent avec intérêt. Repris par Capital Management-Partners GmbH, Bavaria a entamé une montée en gamme visible : la série C (C38, C42, C45, C46, C50, C57), dessinée par le studio Cossutti Yacht Design, propose des bateaux modernes avec des lignes contemporaines, des intérieurs nettement améliorés et une construction plus soignée. Le C46 a été élu "Yacht européen de l'année 2024" — une reconnaissance sérieuse qui reflète une vraie progression qualitative. Sur le marché de l'occasion, les C42 et C46 de 2021-2024 constituent aujourd'hui des achats intéressants pour ceux qui veulent un voilier allemand moderne à un prix encore raisonnable par rapport à un Oceanis ou un Dufour équivalent.
La gamme Bavaria par famille : comment s'y retrouver
La gamme Cruiser est le cœur historique de Bavaria — des voiliers de croisière familiale allant du 30 au 56 pieds, optimisés pour le volume habitable et la facilité d'utilisation. C'est là que se concentre l'essentiel du marché de l'occasion avec des modèles phares comme le Bavaria 37 Cruiser, le 40 Cruiser et le 46 Cruiser. Ce sont des bateaux pour les familles qui veulent naviguer confortablement en Méditerranée ou en Atlantique sans se compliquer la vie — accessibles à l'entretien, bien desservis en pièces de rechange, et faciles à trouver dans tous les ports européens.
Le Bavaria 37 Cruiser des années 2003-2010 est le modèle le plus répandu sur le marché de l'occasion français. Entre 60 000 et 100 000 euros pour les millésimes de cette période selon l'état, c'est le voilier de croisière côtière par excellence pour les budgets serrés. Attention cependant au joint de saildrive — le point de vigilance numéro un sur toute la gamme Cruiser équipée en Volvo saildrive : une infiltration non détectée peut causer des dommages importants en quelques saisons.
Le Bavaria 40 Cruiser (2000-2015) est le modèle reference pour les familles qui veulent quatre couchettes correctes et un cockpit généreux. Les versions dessinées par Bruce Farr (2010-2015) sont particulièrement appréciées pour leur comportement sous voile légèrement supérieur à la moyenne de la gamme.
Le Bavaria 46 Cruiser (2005-2015) est le grand format accessible — 14 mètres, quatre cabines, deux salles de bain, cockpit monumental. Les exemplaires bien entretenus de 2007-2012 se négocient entre 100 000 et 160 000 euros, ce qui reste une proposition remarquable pour cette taille.
La gamme Sport — les Bavaria 27, 28, 29, 33 Sport — est une famille de bateaux à moteur open produits à Giebelstadt en parallèle des voiliers. Ces boats de plaisance motorisés sont moins connus mais représentent des valeurs d'occasion intéressantes, particulièrement les 28 et 33 Sport de 2008-2012, bien motorisés en Volvo Penta double et construits avec le même sérieux que les voiliers de l'époque.
La gamme C et SR représente le Bavaria actuel — la série C pour les voiliers modernes, la série SR pour les sports-cruisers motorisés. Ces bateaux récents (2018-présent) commencent à alimenter le marché de l'occasion à des prix encore proches du neuf, mais les premiers millésimes disponibles offrent déjà une prime de décote attractive par rapport aux catalogues.
Le joint de saildrive : le sujet Bavaria par excellence
Si vous ne retenez qu'une chose de cette page pour votre achat, que ce soit celle-ci. La quasi-totalité des Bavaria Cruiser produits entre 1995 et 2015 est équipée d'un moteur Volvo Penta en configuration saildrive — le moteur est suspendu à un axe vertical qui traverse la coque et entraîne directement l'hélice. Cette configuration est simple, efficace, et silencieuse. Son défaut majeur est le joint soufflet qui assure l'étanchéité entre le saildrive et la coque : ce joint vieillit, se craque, peut s'infiltrer, et dans les cas les plus graves peut laisser entrer de l'eau à un débit inquiétant.
La durée de vie recommandée de ce joint est de 5 ans ou 1 000 heures — et il est très fréquemment laissé en service bien au-delà de cette limite. Le remplacement coûte entre 800 et 1 500 euros selon le modèle et l'accessibilité. Sur tout Bavaria d'occasion équipé en saildrive, exigez la date du dernier remplacement et les factures correspondantes. Si cette information n'est pas disponible, négociez le remplacement en condition de vente ou intégrez-le dans votre budget de remise en état immédiat.
Pourquoi Bavaria reste une excellente option sur le marché de l'occasion
Malgré ses péripéties industrielles et sa réputation inégale, Bavaria reste l'un des constructeurs les plus rationaux à acheter en occasion pour une raison simple : la liquidité du marché. En France, en Italie, en Espagne et dans toute la Méditerranée, il y a toujours un Bavaria à vendre — et donc toujours un Bavaria à acheter quand vous voulez revendre. Cette liquidité protège les prix et simplifie les transactions.
Elle s'accompagne d'un réseau de service dense — les Volvo Penta qui motorisent la quasi-totalité de la gamme sont partout, les pièces sont accessibles, et les techniciens qui connaissent ces bateaux sont nombreux dans les grands ports. Pour un propriétaire qui veut naviguer sans complications logistiques, c'est un argument réel.
Notre fenêtre d'achat recommandée sur le marché de l'occasion :
Pour un budget de 50 000 à 80 000 euros : un Bavaria 36 ou 37 Cruiser de 2004-2008 bien entretenu, avec joint de saildrive récent, gréement dormant de moins de 10 ans et voiles correctes. C'est l'entrée la plus raisonnée dans la croisière à voile familiale en France.
Pour un budget de 90 000 à 140 000 euros : un Bavaria 40 ou 42 Cruiser de 2008-2014, version propriétaire de préférence, avec carnet d'entretien complet. La taille idéale pour une semaine en Méditerranée à quatre adultes sans se sentir à l'étroit.
Pour un budget de 200 000 à 320 000 euros : un Bavaria C42 ou C45 de 2020-2023 — le Bavaria moderne, sans les compromis de qualité de l'ère Bain Capital, à un prix encore significativement inférieur à un Oceanis 40.1 ou un Sun Odyssey 410 équivalent.



















































