Amel Super Maramu à vendre

L'avis Yachting Address — Amel Maramu et Super Maramu

Il existe dans le nautisme mondial quelques noms qui transcendent leur époque et leur catégorie pour devenir des références absolues de ce que la navigation hauturière peut être à son meilleur. L'Amel Super Maramu est l'un d'eux — peut-être le plus emblématique de tous les voiliers français jamais construits.

Ce n'est pas une affirmation de marketing. C'est le verdict de trente ans de circumnavigations, de traversées atlantiques, d'hivernages aux Antilles et de retours en Méditerranée opérés par des propriétaires qui ont choisi cet Amel et n'en ont jamais regretté le prix. Le Super Maramu est cher à l'achat, exigeant à l'entretien, et fidèle à une philosophie de construction qui n'a pas cherché à plaire à tout le monde — mais qui a rendu service à ceux qui ont osé partir vraiment loin.

Maramu et Super Maramu : deux générations, un même ADN

Cette page regroupe deux modèles distincts que les annonces ne séparent pas toujours avec suffisamment de clarté.

Le Maramu (1977-1990, 13,97 mètres) est le grand-père — le voilier qui a établi la réputation d'Amel comme chantier de grande croisière. Motorisé en Perkins diesel, gréé en ketch avec focs sur enrouleurs, il a été conçu pour partir avec un minimum d'équipage et revenir sans incident. Ses prix sur le marché actuel — 80 000 à 116 000 euros pour les millésimes 1982-1988 — reflètent son âge mais pas son usure : les Maramu bien entretenus sont des bateaux encore très capables de grands voyages. L'exemplaire de Gruissan à 99 000 euros (1987, excellent état, 6 couchettes) et celui de Port-Leucate à 116 000 euros (1988, présenté par un spécialiste Amel) illustrent ce marché.

Le Super Maramu (1989-1998) et le Super Maramu 2000 (1998-2005) sont le développement logique du Maramu — plus long d'environ 2 mètres, avec une habitabilité accrue, un moteur Volvo Penta plus puissant, et des équipements modernisés pour répondre aux attentes de la navigation hauturière contemporaine. À 15,97 à 16,50 mètres, c'est un grand voilier au sens propre — et ses prix le reflètent : de 195 000 euros pour un Super Maramu de 1990 en Méditerranée à 270 000 euros pour un Super Maramu 2000 de 2003 en Sardaigne.

Ce qui fait l'Amel incomparable

Il faut comprendre la philosophie Amel pour comprendre pourquoi ces voiliers valent ce qu'ils valent — et pourquoi ils se revendent aussi facilement malgré leur âge.

Henri Amel a conçu ses voiliers à partir d'une conviction simple : un voilier de grand voyage doit pouvoir être manœuvré par deux personnes sans expérience professionnelle, dans toutes les conditions de mer, sans effort physique excessif et sans prise de risque inutile. Cette conviction a produit des choix techniques radicaux : focs sur enrouleurs intégrés depuis les premiers modèles (quand c'était révolutionnaire), propulseur d'étrave rétractable électrique pour les manœuvres de port, guindeau électrique puissant accessible depuis le cockpit, voile d'artimon sur enrouleur, et un gréement ketch qui permet de réduire la toile progressivement sans jamais avoir besoin de monter en tête de mât.

Le résultat est un voilier que des propriétaires non-professionnels ont conduit autour du monde, souvent en couple, souvent sans expérience hauturière préalable. Ce n'est pas un exploit : c'est le projet du bateau. Et il fonctionne.

Ce que les fiches techniques ne disent pas

L'Amel Super Maramu est lourd — 16 000 kg de déplacement pour 16 mètres. Il n'est pas rapide — sa vitesse de croisière raisonnable est de 6 à 8 nœuds au moteur, et sous voile il avance honnêtement sans jamais chercher les records de vitesse. Et il n'est pas bon marché à entretenir — les équipements spécifiques Amel (propulseur d'étrave, enrouleurs intégrés, guindeau central) demandent une attention régulière et un budget de maintenance supérieur à la moyenne des voiliers de grande série.

Ces trois réalités ne sont pas des défauts. Elles sont des caractéristiques assumées d'un projet précis : le confort, la sécurité et l'autonomie pour de longues distances, pas la performance. Pour ceux qui partagent ce projet, elles sont acceptables. Pour ceux qui veulent aller vite ou régater, l'Amel n'est pas le bon bateau.

Le marché de l'occasion : comment le lire

Le marché Amel d'occasion est particulier à plusieurs égards. D'abord, les vendeurs sont rarement pressés — un Amel bien entretenu se vend, mais ses propriétaires savent ce qu'ils ont et ne bradent pas. Ensuite, les acheteurs sont souvent des connaisseurs — rares sont ceux qui achètent un Amel sans avoir navigué dessus ou sans avoir rencontré d'autres propriétaires.

La fourchette de prix observée sur cette page mérite une lecture précise. Les Maramu de 1982-1988 entre 80 000 et 116 000 euros sont des bateaux de 35 à 43 ans — l'âge ne les disqualifie pas (un Amel bien entretenu dure), mais il impose une expertise préalable et un budget de remise à niveau non-négligeable (gréement, voiles, électronique, hélice). Le Super Maramu de 1990 à 195 000 euros avec "refit important" représente la catégorie des bateaux qui ont bénéficié d'une remise à niveau sérieuse — c'est souvent le meilleur rapport qualité-prix sur ce modèle, à condition que le refit soit documenté. Les Super Maramu 2000 de 2002-2003 à 245 000-270 000 euros sont les derniers produits de la gamme — plus récents, plus modernes, avec des équipements proches des attentes actuelles.

Les points de vigilance à l'achat d'occasion

Le moteur diesel — Perkins sur les Maramu anciens, Volvo Penta D2-75 ou similaire sur les Super Maramu — est le premier contrôle. Les heures de navigation sont secondaires par rapport à la régularité des entretiens. Un Amel qui a traversé l'Atlantique plusieurs fois avec des révisions annuelles sérieuses est souvent en meilleur état qu'un bateau qui n'a fait que la Méditerranée sans être entretenu.

Le propulseur d'étrave rétractable est l'équipement le plus spécifique et le plus coûteux à réviser sur ces bateaux. Son mécanisme de rentrée/sortie doit fonctionner parfaitement — un propulseur qui ne rentre plus est une urgence en port. Vérifiez son fonctionnement complet lors de la visite.

Les enrouleurs intégrés — focs sur enrouleur dans le bôme d'étai pour les premiers modèles, enrouleur de génois standard sur les Super Maramu 2000 — sont les pièces d'usure principales du gréement. Vérifiez l'état des roulements et des émerillons.

Le gréement dormant sur les Maramu de plus de 20 ans doit être remplacé — sans discussion. Un remplacement complet sur un Amel représente 3 500 à 6 000 euros selon le gréement et le chantier.

La coque en aluminium n'existe pas sur les Super Maramu (polyester armé) — mais les Maramu anciens ont des coques qui méritent une inspection des soudures et des renforts de quille lors d'une mise à sec.

Les prix du marché Amel Maramu et Super Maramu en 2025-2026

VersionMillésimePrix indicatif
Amel Maramu (Perkins diesel, état basique)1982-198875 000 – 105 000 € TTC
Amel Maramu (bien entretenu, refit partiel)1985-1990100 000 – 130 000 € TTC
Amel Super Maramu (Volvo diesel, refit récent)1989-1997185 000 – 240 000 € TTC
Amel Super Maramu 2000 (derniers modèles)1998-2005235 000 – 290 000 € TTC

Fourchettes indicatives, marché mai 2026. TVA incluse sauf mention contraire.

Notre verdict

L'Amel Super Maramu est le voilier que l'on achète quand on a décidé de partir — vraiment partir, loin, longtemps — et qu'on veut le faire en sécurité et en confort avec un équipage de deux personnes sans expérience professionnelle. C'est le voilier de la traversée atlantique en famille, du tour du monde à deux, du retour aux Antilles après dix ans d'absence. Il n'est pas donné, il n'est pas rapide, et il demande un entretien sérieux. Mais il tient ses promesses comme peu de voiliers de production l'ont fait — et c'est pour ça que ses propriétaires en parlent avec une fidélité qui ressemble à de l'amour.

Comparer les modèles de bateaux Amel Yachts