Sanlorenzo Yacht à vendre
L'avis Yachting Address — Sanlorenzo : le chantier qui a fait du sur-mesure une philosophie industrielle
Sanlorenzo n'est pas un chantier qui produit des yachts en série avec des options. C'est un chantier qui produit un nombre limité d'unités par an, où chaque coque peut diverger de sa sœur de production dans son aménagement intérieur, ses matériaux et parfois son architecture même. Le slogan officiel de la marque — "rien n'est comparable à votre Sanlorenzo, pas même un autre Sanlorenzo" — n'est pas une formule marketing vide. C'est la description exacte d'un modèle économique qui a fait de Sanlorenzo le deuxième constructeur mondial de superyachts en volume, selon le classement Global Order Book de Boat International.
Le marché de l'occasion Sanlorenzo sur cette page couvre un spectre impressionnant — de 89 000 euros pour un modèle de 1988 de 17 mètres à plus de 9,6 millions d'euros pour un SL106A récent, avec plusieurs superyachts à prix sur demande au-delà de 35 mètres. C'est le catalogue d'un chantier qui opère simultanément sur le marché du yacht accessible d'occasion et sur celui du superyacht neuf à plusieurs dizaines de millions d'euros.
De Florence à Ameglia : l'histoire d'un chantier qui a changé trois fois de visage
Sanlorenzo est fondé en 1958 près de Florence par Gianfranco Cecchi et Giuliano Pecchia — un petit chantier sans ambition particulière à l'origine. En 1972, Giovanni Jannetti reprend la structure et la déplace à Viareggio, le cœur historique de la construction navale italienne. Pendant ces premières décennies, Sanlorenzo construit exclusivement en bois.
Le tournant industriel survient en 1985 avec le lancement du SL57, premier yacht Sanlorenzo en polyester stratifié (GRP). Dix ans plus tard, en 1995, le SL100 installe définitivement la marque dans la catégorie superyacht. En 1999, le chantier ouvre un second site à Ameglia, dans la province de La Spezia, en pleine réserve naturelle de la Magra — un choix d'implantation qui dit quelque chose de la philosophie de la marque, soucieuse d'image autant que de production.
En 2005, Massimo Perotti — ancien directeur général d'Azimut-Benetti — devient actionnaire majoritaire et rebaptise l'entreprise Sanlorenzo SpA. Sous sa direction, le chiffre d'affaires passe de 40 millions d'euros en 2004 à plus de 700 millions aujourd'hui. En 2007, un second site est ouvert à Viareggio pour produire les nouvelles lignes en métal — aluminium et acier — destinées aux plus grands superyachts. En 2016, le site de La Spezia est acquis pour renforcer la capacité de construction des superyachts. Le groupe est aujourd'hui cotée à la Bourse de Milan.
Les lignes Sanlorenzo : comprendre SL, SD et SX avant de comparer quoi que ce soit
Le catalogue Sanlorenzo se structure en plusieurs familles distinctes — et comprendre cette architecture est la condition préalable à toute lecture sérieuse des annonces.
La ligne SL est la gamme historique de yachts à carène planante en polyester stratifié, de 24 à 37 mètres environ. C'est la ligne la plus représentée sur le marché de l'occasion — SL62, SL72, SL82, SL86, SL88, SL94, SL96, SL102, SL106, SL108, SL118. Ce sont des yachts rapides, à la silhouette flybridge traditionnelle, pensés pour la navigation côtière et les croisières méditerranéennes actives.
La ligne SD ("Sanlorenzo Displacement") regroupe les navettas semi-déplaçantes — des yachts dont les lignes s'inspirent explicitement des paquebots transatlantiques des années 1930. Construits eux aussi en polyester, les SD92 (devenu SD96), SD112 et SD126 privilégient l'autonomie et le confort de croisière longue distance sur la vitesse pure — une croisière économique à 10 nœuds peut atteindre 1 600 à 2 500 milles nautiques selon les modèles, contre un maximum de 17 à 20 nœuds en pointe.
La ligne SX est la plus récente des trois grandes familles, lancée en 2017-2018 avec le SX88 puis le SX76 (suivis du SX100 et du SX112). C'est un concept "crossover" — la synthèse entre le motoryacht à flybridge classique et l'explorer — pensé pour attirer une clientèle plus jeune et plus orientée vie en plein air. Le SX88 a été le premier yacht de série à ouvrir littéralement son pont arrière sur un immense beach-club, une innovation qui a depuis été largement copiée par la concurrence, Sunseeker en tête avec son 88 Yacht.
Au-delà de ces trois lignes composite, Sanlorenzo produit également des gammes métalliques — Alloy (aluminium, carènes rapides à déplacement), Steel (acier, grands volumes intérieurs) et Explorer (acier coque, aluminium superstructure, lancée en 2015) — pour les superyachts de 40 mètres et plus, construits à Viareggio et La Spezia. Le groupe possède enfin la marque Bluegame, dédiée aux "Sport Utility Yachts" de 13 à 21 mètres — une gamme plus sportive et plus accessible, distincte de l'identité Sanlorenzo classique.
Pourquoi certaines annonces disent "Sanlorenzo 82" et d'autres "SL 82"
C'est la confusion la plus fréquente pour qui découvre le marché de l'occasion Sanlorenzo, et elle a une explication historique précise.
Avant le milieu des années 2000, Sanlorenzo nommait simplement ses modèles par leur taille en pieds — "Sanlorenzo 62", "Sanlorenzo 72", "Sanlorenzo 82". À partir d'environ 2007, le chantier a généralisé le préfixe de ligne (SL, SD, SX) à l'ensemble de sa nomenclature, en cohérence avec la structuration de sa gamme en familles distinctes. Les modèles "82" ou "72" n'ont pas disparu — ils ont simplement été rebaptisés "SL82" et "SL72" pour les nouvelles unités produites, tandis que les exemplaires plus anciens conservent leur appellation d'origine dans les annonces de revente.
Concrètement, un "Sanlorenzo 82" de 1998 et un "SL 82" de 2009 appartiennent à la même famille de modèle, avec des évolutions de motorisation, de design intérieur et parfois de longueur selon les séries successives — mais ce n'est pas un hasard de numérotation, c'est la même lignée racontée à deux époques différentes de la nomenclature du chantier.
La révolution Asymmetric : l'innovation qui a changé la perception du flybridge
C'est l'innovation la plus significative de la dernière décennie chez Sanlorenzo, et celle qui mérite l'explication la plus détaillée pour un acheteur qui croise le suffixe "A" dans une annonce (SL90A, SL96A, SL102A, SL120A).
Le concept Asymmetric, introduit en 2018 avec le SL102A, consiste à supprimer le passavant latéral d'un côté du bateau (généralement à bord) pour reporter cet espace dans le salon principal. Le résultat : un salon agrandi de 25 à 30 % par rapport à un yacht symétrique de même taille, des baies vitrées toute hauteur qui donnent directement sur la mer d'un côté, et une disposition qui place souvent la cabine armateur au niveau du pont principal — une configuration normalement réservée à des yachts bien plus grands.
Cette architecture est le fruit d'une collaboration entre le studio italien Zuccon International Project pour les lignes extérieures et le designer automobile américain Chris Bangle — ancien directeur du design chez BMW — pour certains aspects de la silhouette. Le succès de la formule a conduit Sanlorenzo à l'étendre à plusieurs tailles : SL90A, SL96A, SL102A et SL120A coexistent aujourd'hui dans la gamme. Sur le marché de l'occasion, un modèle "A" dans une taille comparable se négocie généralement avec une prime par rapport à l'équivalent symétrique, en raison de la rareté relative de ces premières générations et de l'engouement de la clientèle pour le concept.
Ce que le marché de l'occasion révèle sur la valeur Sanlorenzo
Sanlorenzo bénéficie d'une valeur de revente parmi les plus solides du segment superyacht — une conséquence directe de sa philosophie de production limitée. Le chantier ne produit pas plusieurs centaines d'unités par modèle ; les séries des grands SL et SD se comptent généralement en dizaines d'unités sur toute leur durée de production. Cette rareté relative, combinée à la réputation de qualité de construction, maintient des prix de revente qui résistent mieux au temps que ceux de marques produites à plus grande échelle.
Les modèles d'entrée de gamme historiques (SL57, Sanlorenzo 62, premiers SL62) constituent l'accès le plus abordable à la marque sur le marché de l'occasion — des yachts de 17 à 19 mètres construits dans les années 1990-2000, dont les prix peuvent descendre sous les 150 000 euros pour les exemplaires les plus anciens nécessitant un refit. Les séries intermédiaires (SL72, SL82, SL86, SL88) couvrent le cœur du marché entre 600 000 euros et 4-5 millions d'euros selon le millésime et l'état. Les grandes unités (SD92/96, SL96A, SL106, SL118, et les modèles métalliques au-delà de 35-40 mètres) évoluent dans une fourchette de plusieurs millions à plusieurs dizaines de millions d'euros, où le prix sur demande devient la norme.
Ce qu'il faut vérifier à l'achat d'un Sanlorenzo d'occasion
La documentation de personnalisation est le premier réflexe à avoir sur un chantier semi-custom. Chaque Sanlorenzo peut différer de sa série standard — matériaux intérieurs, configuration de cabines, équipements électroniques, stabilisation. Demandez systématiquement le dossier de construction d'origine (build sheet) auprès du chantier ou de l'agent Sanlorenzo local pour connaître exactement les options choisies par le premier propriétaire.
La motorisation varie selon les modèles et les années — MTU, MAN ou Caterpillar selon les configurations, en simple ou double ligne d'arbre selon la taille. Sur les grandes unités, un diagnostic moteur par un technicien certifié de la marque concernée est indispensable avant toute négociation sérieuse, avec relevé des heures et position par rapport aux seuils de révision majeure.
Les systèmes de stabilisation — présents sur la quasi-totalité des Sanlorenzo de plus de 20 mètres — méritent une vérification spécifique : stabilisateurs giroscopiques ou à ailerons selon les générations, avec des coûts d'entretien et de révision significatifs sur les grandes unités.
La coque composite vs métallique selon la ligne et la taille — les lignes SL, SD et SX sont en polyester stratifié (GRP), les superyachts Alloy, Steel et Explorer au-delà de 40 mètres sont en aluminium ou acier. Les points de contrôle diffèrent fondamentalement : osmose et délaminage pour le composite, corrosion et épaisseur de tôle pour le métal.
L'historique d'entretien chez les agents officiels Sanlorenzo — le réseau de service de la marque est dense en Méditerranée (Italie, Côte d'Azur, Espagne) et la traçabilité des interventions chez ce réseau est un gage de fiabilité bien supérieur à un entretien informel, particulièrement sur les unités de plus de 15 ans.
Sanlorenzo face à ses vrais concurrents
Sur la ligne SL, les concurrents naturels sont le Ferretti Custom Line et l'Azimut Grande — des flybridges italiens de même standing. Sanlorenzo se distingue généralement par un niveau de personnalisation supérieur et une production plus limitée.
Sur la ligne SD, la comparaison se fait avec Benetti et les navettas de CRN — des constructeurs qui partagent la même philosophie de croisière longue distance à allure modérée.
Sur la ligne SX, le concurrent le plus direct est devenu le Sunseeker 88 Yacht, lancé explicitement en réponse au succès du SX88 — la preuve, selon les mots mêmes de Massimo Perotti en 2018, que "beaucoup de copies suivront" le concept crossover Sanlorenzo.
Les prix du marché Sanlorenzo en 2025-2026
| Ligne / Taille | Génération | Prix indicatif |
|---|---|---|
| SL57 / Sanlorenzo 57-62 (17-19 m) | 1985-2000 | 89 000 – 320 000 € TTC |
| SL62 / SL72 (18-22 m) | 1994-2011 | 320 000 – 950 000 € TTC |
| SL82 / SL86 / SL88 (24-27 m) | 1998-2019 | 600 000 – 4 600 000 € TTC |
| SL94 / SL96 / SL96A (28-29 m) | 2013-2024 | 2 950 000 – 6 900 000 € TTC |
| SD92 / SD96 (27-28 m) | 2007-2024 | 2 500 000 – 7 900 000 € HT |
| SX76 / SX88 (24-27 m) | 2017-2024 | 3 980 000 – 6 900 000 € HT |
| SL102-120A / SL106-118 / SD126 et superyachts métal | 2013-2025 | 7 000 000 € et au-delà — prix sur demande |
Fourchettes indicatives, marché mai 2026. TVA incluses sauf mention contraire. Le niveau de personnalisation et la rareté de chaque unité peuvent faire varier sensiblement ces fourchettes.
Notre verdict
Sanlorenzo a construit un modèle unique dans l'industrie du yacht de luxe : produire à l'échelle d'un grand chantier industriel tout en préservant l'exclusivité d'une production semi-custom où chaque unité raconte les choix de son propriétaire d'origine. Cette philosophie se paie au neuf, mais elle protège la valeur à l'occasion — la rareté relative de chaque modèle et la solidité de la réputation de la marque maintiennent des prix de revente qui résistent mieux que ceux de productions plus industrielles. L'acheteur sérieux d'un Sanlorenzo d'occasion doit avant tout comprendre dans quelle ligne et quelle génération il se situe, exiger la documentation de personnalisation d'origine, et vérifier l'historique d'entretien auprès du réseau officiel — trois conditions qui transforment un achat de plusieurs centaines de milliers à plusieurs millions d'euros en une décision véritablement éclairée.


































































































