Bertram Yachts à vendre
Bertram Yachts d'occasion : la carène qui a changé la navigation à moteur — et le culte italien qui ne l'a jamais oublié
Il y a des moments dans l'histoire de la construction navale qui changent tout. En 1960, Richard Bertram et l'architecte Ray Hunt présentent à la course offshore de Miami Nassau un bateau qu'ils ont baptisé "Moppie". Il gagne dans des conditions de mer que ses concurrents à carènes plates ne peuvent pas affronter. Ce bateau introduit la carène Deep-V dans la construction en série — et rien ne sera plus jamais pareil dans le monde des bateaux à moteur sportifs.
Soixante ans plus tard, les Bertram d'occasion que vous trouvez sur cette page incarnent cette révolution. Des Bertram 28 de 1981 aux Bertram 630 Convertible de 2006, des Bertram 25 de 1966 aux tout nouveaux Bertram 39 CC de 2025 — c'est le catalogue d'une marque qui a tout inventé, et dont les bateaux anciens naviguent encore avec la dignité et l'efficacité que la carène Deep-V a toujours promise.
Ray Hunt, la Deep-V et "Moppie" : l'histoire que tout acheteur Bertram doit connaître
La carène Deep-V n'est pas un détail de construction — c'est une révolution architecturale qui a redéfini les possibilités du bateau à moteur sportif. Avant 1960, les bateaux rapides utilisaient des carènes à fond plat ou légèrement arquées — rapides par mer calme, inconfortables et dangereux dès que les conditions se dégradaient. Les angles vifs à l'avant absorbaient les chocs, mais l'ensemble du bateau souffrait dans la houle courte.
Ray Hunt a proposé une idée radicalement différente : une carène en V profond sur toute la longueur, avec un angle de déadrise maintenu au tableau arrière. Cette forme pénètre la mer plutôt que de la claquer — elle coupe les vagues, absorbe l'impact, maintient une trajectoire stable même à grande vitesse par mer formée. La course Miami-Nassau de 1960 a servi de démonstration publique : Moppie gagnait là où les autres bateaux renonçaient.
Le Bertram 31, produit à partir de 1961, a industrialisé cette révolution. Il est devenu le bateau de référence mondial de la pêche sportive offshore pendant deux décennies — des Caraïbes à la Méditerranée, du Golfe du Mexique aux côtes portugaises. Les propriétaires qui ont acheté un Bertram 31 dans les années 1960 l'ont souvent gardé vingt ou trente ans. Ce n'est pas de la nostalgie — c'est la preuve que la conception était juste.
Le marché Bertram en Méditerranée : comprendre la concentration italienne
L'observation la plus frappante de cette page est géographique : l'écrasante majorité des Bertram d'occasion disponibles en Europe sont basés en Italie — Ligurie, Sardaigne, Toscane, Campanie, Latium, Pouille. Ce n'est pas un hasard et ça mérite une explication.
Bertram a bénéficié en Italie d'une double présence historique. D'une part, Riva a produit des Bertram sous licence dans les années 1970-1980 — les modèles "Riva Bertram" comme le Riva Bertram 25 Sport Fisherman visible sur cette page sont des bateaux construits en Italie sur les plans Bertram, avec la qualité de finition Riva. Ces exemplaires sont particulièrement recherchés par les collectionneurs italiens car ils cumulent le prestige de deux marques iconiques.
D'autre part, Bertram appartient aujourd'hui au Groupe Gavio, conglomérat industriel italien qui a racheté la marque américaine et en assure la continuité. Cette propriété italienne explique la présence forte des distributeurs et revendeurs Bertram dans les ports ligures et toscans — et la densité des annonces en Mer Ligure, à Porto Ercole ou à Varazze.
Pour l'acheteur français, cette concentration italienne est une opportunité concrète : les Bertram se vendent moins cher en Italie que dans les ports anglo-saxons où leur réputation est encore plus établie, et ils sont à distance de conduite ou de transport raisonnable depuis la Côte d'Azur ou la Corse.
Les familles de modèles : lire les annonces Bertram sans se perdre
La nomenclature Bertram est plus complexe qu'il n'y paraît — les abréviations et les versions méritent une explication pour lire correctement les annonces.
Le suffixe SF (Sport Fisherman) désigne la version cockpit fishing traditionnelle — grand cockpit arrière ouvert pour la pêche, timonerie avant avec flybridge. C'est la configuration classique Bertram depuis les origines.
Le suffixe Moppie — qui revient dans de très nombreuses annonces de Bertram 28 et 36 — est une référence directe au bateau prototype original de Ray Hunt. Chez Bertram, "Moppie" désigne les versions avec cockpit ouvert et carène Deep-V particulièrement prononcée. C'est le Bertram le plus pur — celui qui se rapproche le plus de la philosophie fondatrice de la marque.
Le suffixe FBC (Flybridge Cruiser) désigne les versions avec flybridge complet et aménagements intérieurs plus généreux — plus orientées croisière que pêche pure.
Le suffixe CC (Center Console) est la dénomination moderne — le Bertram 39 CC est l'expression actuelle du concept Bertram dans une architecture console centrale ouverte à 360 degrés.
Le mot Convertible dans les modèles Bertram désigne les configurations avec cockpit de pêche à l'arrière et salon/timonerie fermé à l'avant, avec flybridge — la disposition la plus polyvalente de la gamme, entre pêche offshore sérieuse et croisière familiale confortable.
Ce que la carène Deep-V change concrètement à l'usage
L'argument technique central de Bertram n'est pas un argument marketing — c'est une réalité physique qui se ressent immédiatement à la barre dans les conditions où d'autres bateaux souffrent.
Par mer formée croisée — la mer courte et désordonnée typique de la Méditerranée par coup de vent d'été ou du Golfe du Lion — un Bertram à carène Deep-V prononcée navigue là où des bateaux à carènes plus plates doivent réduire leur vitesse radicalement ou renoncer. L'angle de déadrise important à l'arrière (généralement 18 à 24 degrés sur les modèles Bertram classiques) produit une dissipation d'énergie qui protège l'équipage des chocs secs que les autres architectures transmettent directement.
La contrepartie de cette carène est une stabilité statique légèrement moindre au mouillage — un Bertram roule un peu plus qu'un bateau à fond plat quand il est à l'arrêt par clapot latéral. C'est le compromis que les pêcheurs et les marins offshore ont toujours accepté : le Bertram est fait pour naviguer, pas pour rester à quai.
L'étendue du marché : de 19 000 euros à plus d'un million
Le catalogue de cette page couvre soixante ans de production Bertram — une amplitude qui reflète la longévité exceptionnelle de ces bateaux et la diversité des profils d'acheteurs qu'ils attirent.
À 19 000-60 000 euros, les Bertram 25 et 26 des années 1966-1986 sont les entrées dans le culte Bertram — des bateaux anciens, parfois très anciens, dont la valeur est essentiellement historique et affective pour les collectionneurs qui veulent posséder un morceau de l'histoire du sportfisherman américain. Le Bertram 25 HT de 1966 à 78 000 euros sur cette page, "entièrement remanier en 2014", est l'archétype du bateau restauré avec passion.
À 40 000-130 000 euros, les Bertram 28, 33 et 37 des années 1980-2000 sont le cœur du marché Bertram d'occasion méditerranéen. Ces bateaux de 8,5 à 12 mètres représentent la Deep-V à son meilleur dans un format accessible — suffisamment petits pour être maniables, suffisamment robustes pour naviguer par toutes les conditions méditerranéennes. La concentration de Bertram 28 Moppie de 1990-1994 entre 40 000 et 75 000 euros est le segment le plus actif de la page.
À 130 000-410 000 euros, les Bertram 37, 43, 46.6 et 450 Convertible des années 1987-2005 sont les sportfishermen hauturiers sérieux — des bateaux de 11 à 14 mètres capables de pêche offshore réelle, avec des motorisations Caterpillar ou GM reconditionnées à zéro heure sur les meilleurs exemplaires.
À 400 000-850 000 euros, les Bertram 510, 540 et 630 Convertible des années 2001-2010 sont les grands sportfishermen de représentation — 16 à 20 mètres, double motorisation diesel haute puissance, équipements de pêche professionnels et habitabilité de yacht de croisière. Les deux Bertram 630 Convertible à 850 000 euros (2004 et 2006) sur cette page sont des barges de pêche hauturière sérieuse avec les capacités d'un grand croiseur.
À plus d'un million, le nouveau Bertram 39 CC de 2025 à 1 055 942 euros HT — triple Mercury 400 cv, Seakeeper 3, électronique Vesselview — représente le Bertram contemporain dans sa version la plus technologique et la plus performante.
Les points de vigilance à l'achat d'occasion
La motorisation est le premier enjeu sur les Bertram anciens. Ces bateaux ont été produits avec une grande diversité de moteurs au fil des décennies — Caterpillar diesel, MerCruiser essence, GM V8, Cummins, Volvo Penta selon les modèles et les refits. La clé n'est pas la marque du moteur — c'est la documentation du refit. Un moteur "reconditionné à zéro heure en 2021" avec factures de chantier valide vaut infiniment plus qu'un moteur d'origine de 1987 sans historique. Sur les annonces de cette page, les exemplaires qui mentionnent explicitement leurs refits moteur avec dates et heures actuelles sont les achats les plus sûrs.
La coque en fibre de verre des Bertram classiques est de bonne qualité pour l'époque — ces chantiers américains construisaient en stratifié polyester épais, souvent plus robuste que les productions européennes contemporaines. Mais l'âge impose une inspection par humidimètre lors d'une mise à sec, particulièrement sur les exemplaires qui ont hiverné à flot de façon prolongée dans les eaux chaudes de la Méditerranée méridionale.
Le teck de cockpit sur les versions bien équipées — mentionné sur plusieurs annonces — mérite inspection. Le teck de cockpit d'un Bertram de 1987-1995 a 30-38 ans. Il peut être en bon état si régulièrement entretenu, ou nécessiter une réfection complète (8 000 à 18 000 euros selon la surface).
La documentation administrative sur les exemplaires italiens mérite attention — statut TVA, pavillonnage, immatriculation italienne. Ces démarches sont accessibles mais demandent un courtier ou un avocat maritime qui connaît la procédure de transfert de pavillon.
Les Riva Bertram (comme le Riva Bertram 25 Sport Fisherman de 1970 à Bordeaux) méritent une vigilance particulière sur l'authenticité et l'état des finitions d'origine — leur valeur de collection est liée à leur état d'origine.
Les prix du marché Bertram en 2025-2026
| Modèle / Gamme | Millésime | Prix indicatif |
|---|---|---|
| Bertram 25, 26, 28 (versions anciennes, état basique) | 1966-1985 | 19 000 – 55 000 € TTC |
| Bertram 28 Moppie / SF / Fly (restauré ou bon état) | 1986-1994 | 40 000 – 80 000 € TTC |
| Bertram 31, 33, 36 Moppie | 1980-2009 | 60 000 – 265 000 € TTC |
| Bertram 37 Convertible / SF | 1986-1995 | 90 000 – 145 000 € TTC |
| Bertram 38, 42, 43 Convertible | 1978-1995 | 90 000 – 200 000 € TTC |
| Bertram 46 / 46.6 Convertible | 1979-1995 | 60 000 – 250 000 € TTC |
| Bertram 450 / 510 Convertible | 2001-2006 | 375 000 – 415 000 € TTC |
| Bertram 540 / 630 Convertible | 2004-2010 | 785 000 – 855 000 € TTC |
| Bertram 39 CC (neuf 2025) | 2025 | 1 055 000 € HT |
Fourchettes indicatives, marché mai 2026. TVA incluse sauf mention contraire.
Bertram et la pêche offshore : un bateau pour navigateurs qui font de vraies sorties
Il faut le dire clairement : Bertram n'est pas le meilleur choix pour le plaisancier qui veut un bateau convivial pour les pique-niques en rade et les sorties en famille par beau temps. D'autres marques répondent mieux à ce profil, avec plus de cockpit de détente, plus de bimini, plus de banquettes.
Bertram est le meilleur choix pour le plaisancier qui veut naviguer vraiment — par toutes les conditions, loin des côtes, avec un bateau qui ne lui fait pas peur quand la mer se lève. C'est le bateau des pêcheurs qui sortent au-delà des 30 milles, des marins qui aiment les traversées de nuit, des amateurs de mer difficile qui veulent un instrument conçu pour ça.
Le marché méditerranéen l'a compris avant tout le monde. Les Italiens qui entretiennent leurs Bertram 28 Moppie depuis 1990 et les sortent encore régulièrement en Mer Ligure ou en Sardaigne ne font pas de la nostalgie — ils font de la navigation.
Notre verdict
Bertram Yachts est l'une des marques de bateaux à moteur les plus légitimes de l'histoire de la plaisance mondiale — et l'une des moins connues du grand public européen francophone, précisément parce que sa clientèle naturelle n'est pas celle qui cherche à être vue, mais celle qui cherche à naviguer. La carène Deep-V inventée par Ray Hunt en 1960 est toujours aussi juste aujourd'hui qu'elle l'était lors de la victoire de Moppie à Miami Nassau. Et les bateaux qui en sont issus — des années 1960 aux modèles actuels — tiennent cette promesse avec une constance que l'histoire du chantier confirme à chaque génération.

































































