Beneteau Oceanis 30.1 à vendre
L'avis Yachting Address — Bénéteau Océanis 30.1 : le grand voilier de 9 mètres
L'Océanis 30.1 est une contradiction apparente : un voilier de 9 mètres avec les caractéristiques d'un grand voilier. Double barre à roue, carène Finot-Conq, certification CE B hauturière, option propulsion électrique — c'est l'équipement qu'on attendrait sur un bateau de 11-12 mètres, proposé dans un format qui entre sur une remorque routière sans convoi exceptionnel. Bénéteau a fait un pari cohérent : que les acheteurs qui ne peuvent pas s'offrir un 12 mètres méritent néanmoins les qualités nautiques et l'expérience de navigation d'un grand voilier.
Finot-Conq : la cohérence de la signature
La carène de l'Océanis 30.1 est signée Finot-Conq — le même cabinet rochelais qui signe la carène de l'Océanis 45. Cette cohérence de signature à travers toute la gamme Bénéteau n'est pas un hasard : Finot-Conq apporte à chaque taille qu'il dessine la même philosophie — des lignes d'eau fines, une carène qui pointe correctement au vent, un comportement sain par mer formée.
Sur un bateau de 9 mètres, cette signature change beaucoup. La plupart des voiliers de cette catégorie sont dessinés avec des carènes volumineuses et larges pour maximiser l'habitabilité — au détriment du comportement nautique. Le 30.1 choisit l'autre voie : une coque plus fine, des bouchains vifs, des lignes tendues qui lui donnent un comportement à la mer que les concurrents ne proposent pas systématiquement dans cette taille.
La double barre à roue sur 9 mètres : un vrai luxe dans la catégorie
C'est l'élément architectural qui surprend le plus quand on monte à bord d'un Océanis 30.1 pour la première fois : deux barres à roue en configuration bi-timonerie, exactement comme sur un voilier de 12-13 mètres.
Cette configuration n'est pas cosmétique. Elle change concrètement l'expérience de navigation par deux raisons. La première est la visibilité : depuis chaque barre, le skipper voit parfaitement la voile et peut anticiper les variations de vent sans obstruction. La seconde est la convivialité à l'ancre : l'espace entre les deux barres, dégagé, devient le cœur du cockpit où l'équipage se retrouve naturellement.
Dans sa catégorie de prix et de taille, ce choix architectural est suffisamment rare pour être mentionné comme un argument différenciant réel — la plupart des concurrents (Bavaria C34, Dufour 310) proposent une barre franche ou une barre à roue centrale, pas le bi-timonerie.
L'option électrique : l'innovation que personne n'explique correctement
C'est le point le plus mal documenté de l'Océanis 30.1, et pourtant l'un des plus intéressants pour comprendre où va la plaisance de petite taille.
L'Océanis 30.1 est disponible en option avec une propulsion 100% électrique — un moteur électrique en remplacement du diesel diesel de 21 cv. Cette configuration est couplée à l'application Seanapps qui permet le monitoring de l'état du bateau (batteries, position GPS) depuis un smartphone.
Concrètement, ce que change la propulsion électrique pour le plaisancier en croisière côtière :
Au mouillage, l'arrivée et le départ se font en silence complet — pas de bruit de diesel, pas d'odeur de gazole, pas de vibration. C'est un changement radical de qualité de vie à bord pour les navigateurs qui font beaucoup de mouillages. L'entretien est également simplifié — un moteur électrique n'a pas de changements d'huile, de courroies, de filtres à carburant ou de refroidissement à entretenir. La maintenance annuelle est considérablement réduite.
La contrepartie est l'autonomie sous moteur — limitée par la capacité des batteries embarquées. Pour les navigateurs qui ne font que de la croisière côtière avec des navigations sous voile et des passages moteur courts, cette autonomie est suffisante. Pour ceux qui font de longues traversées dans des zones peu ventées, la version diesel reste plus adaptée.
Le gabarit routier : un argument pratique souvent sous-estimé
L'Océanis 30.1 entre dans un gabarit routier standard — avec son mât couché sur sa remorque dédiée, il peut être transporté sur route sans convoi exceptionnel. C'est un argument qui peut paraître anecdotique mais qui, pour certains propriétaires, est structurant.
Un plaisancier basé dans le sud-ouest de la France qui veut naviguer une saison en Bretagne et la suivante en Méditerranée peut le faire avec un 30.1 sans les contraintes logistiques et le coût d'un convoi exceptionnel. Cette mobilité est impossible avec un voilier de 11-12 mètres qui doit naviguer entre ses zones et ne peut pas être transporté facilement par route.
La certification CE B : un niveau de sécurité qui engage
L'Océanis 30.1 est certifié CE B6/C8/D10 — la certification B (6 personnes) correspond à la navigation hauturière, définie comme des traversées dans des vents jusqu'à 8 Beaufort et des vagues pouvant atteindre 4 mètres. C'est la certification qui autorise les traversées Méditerranée-Corse, Manche-Bretagne ou les sorties hauturières courtes.
Cette certification n'est pas donnée à tous les voiliers de 9 mètres. Elle implique que le bateau a été conçu et testé pour résister à des conditions sérieuses — et qu'il peut légalement être utilisé pour des navigations qui sont hors de portée de certains concurrents certifiés C uniquement.
Les versions : barre franche ou double barre à roue
L'Océanis 30.1 est disponible en deux versions de barre qui correspondent à deux philosophies de navigation différentes.
La version barre franche est la version la plus légère, la moins encombrante dans le cockpit, et la plus "pure" sur le plan de la sensation de navigation — la barre franche transmet directement les informations du bateau à la main, sans filtre. C'est souvent la version préférée des marins expérimentés qui naviguent en solo ou en couple et veulent un bateau vif et communicatif.
La version double barre à roue offre l'expérience de navigation grand voilier décrite plus haut — visibilité, dégagement du cockpit, convivialité à l'ancre. Elle est légèrement plus lourde et impose des réflexes de navigation différents, mais elle est généralement perçue comme plus confortable pour les équipages familiaux et les sorties de plusieurs jours.
Ce que le marché de l'occasion révèle
Le marché d'occasion de l'Océanis 30.1 est récent — les premières livraisons datant de 2019-2020, les occasions de 2020-2021 ont entre 4 et 6 ans. C'est un marché actif avec des prix qui tiennent bien.
La fourchette observée va de 99 000 euros TTC pour les premiers millésimes 2020-2021 à 149 900 euros TTC pour un 2024 quasi-neuf, avec le neuf 2026 à 130 000-170 000 euros selon les options. La dépréciation sur 4-6 ans est de 20 à 30 % selon l'état et les options — comparable à l'Océanis 45 dans sa catégorie.
La présence d'un exemplaire à Sint Maarten (Caraïbes) est révélatrice de la polyvalence du modèle — un 30.1 peut naviguer en Méditerranée, en Atlantique, et être transporté aux Caraïbes par cargo pour des croisières hivernales, ce qui est beaucoup plus accessible que pour un grand voilier.
Les points de vigilance à l'achat d'occasion
Version électrique ou diesel — premier point à identifier. Les deux versions ont des profils d'entretien radicalement différents. Pour la version électrique : état des batteries de propulsion (durée de vie 8-10 ans selon l'usage et la gestion des charges), état du moteur électrique lui-même et du contrôleur.
Version diesel (21 cv) : carnet d'entretien annuel avec factures, état du saildrive ou du pied de transmission selon la configuration (le 30.1 peut avoir une hélice de route sur un petit diesel en ligne d'arbre selon les versions — vérifier la configuration).
Quille relevable sur les versions équipées — test de relevage hydraulique lors de la visite, inspection du mécanisme de retenue.
Voiles — sur un 2020-2021 de 5-6 ans, les voiles d'origine approchent leur mi-vie. Grand-voile neuve sur un 30.1 : 3 000 à 6 000 euros selon la qualité.
Les prix du marché Océanis 30.1 en 2025-2026
| Millésime | État indicatif | Prix de marché |
|---|---|---|
| 2020-2021 | Bon état, bien équipé | 99 000 – 125 000 € TTC |
| 2022-2023 | Très bon état | 110 000 – 140 000 € TTC |
| 2024 | Quasi-neuf | 140 000 – 155 000 € TTC |
| 2026 neuf | Neuf, standard | À partir de 130 440 € TTC |
| 2026 neuf, full options | Neuf, bien équipé | jusqu'à 179 000 € TTC |
Fourchettes indicatives, marché mai 2026. TVA incluses sauf mention contraire.
Notre verdict
L'Océanis 30.1 est le meilleur argument de Bénéteau pour les acheteurs dont le budget ne dépasse pas 130 000 euros mais qui refusent de naviguer sur un bateau sans ambition nautique. Sa carène Finot-Conq, sa double barre à roue, son option électrique et sa certification CE B le placent clairement au-dessus de la moyenne de sa catégorie de taille — tout en restant dans un gabarit routier et un niveau d'entretien accessible. C'est un bateau pour les plaisanciers qui savent ce qu'ils font et qui n'acceptent pas de compromis sur la qualité de navigation parce qu'ils ont un budget limité.












